Les ampoules à économie d'énergie
Publié le 01 avril 2009 - Écologie
Dernière mise à jour le 07 juin 2011
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Les ampoules "classiques" à incandescence seront bientôt interdites à la commercialisation dans l'Union européenne. A priori voilà une bonne nouvelle, qui pourrait permettre de réduire la consommation d'énergie électrique à l'échelle européenne en laissant la place aux ampoules basse consommation.
Tout va bien dans le meilleur des mondes donc ? Pas si sûr...
La fin des ampoules "classiques" est programmée en UE
Fin 2008, l'Union Européenne a fixé le calendrier de disparition des ampoules à incandescence des commerces des membres de L'UE.
Dès le 1er septembre 2009, les ampoules traditionnelles de 100 watts et plus disparaîtront des magasins de l’UE. Un an plus tard, ce sera au tour de celles de 75 watts, puis 60 watts l’année suivante. Celles de moins de 60 watts ne seront plus vendues à partir du 1er septembre 2012. Et ce n'est pas tout puisque les halogènes les moins performantes, celles de "classe C", cesseront également d'être commercialisées en 2016.
Selon l’UE, « grâce à la mise en œuvre du règlement relatif à la substitution des ampoules ordinaires» par des ampoules économes en énergie, les citoyens de l'UE économiseront près de 40 TWh (approximativement la consommation en électricité de la Roumanie ou celle de 11 millions de ménages européens, ou encore l'équivalent de la production annuelle de dix centrales électriques de 500 mégawatts) et permettront de réduire les émissions de CO2 d'environ 15 millions de tonnes par an. »
Quel type d'ampoules aujourd'hui ?
Le rendement d'une ampoule est le résultat de la comparaison entre l'émission de lumens et les watt consommés.
- Les ampoules classiques utilisent un filament de tungstène dont l’incandescence provoque la lumière. Elles sont fragiles et leur durée de vie est aujourd'hui réduite comparée aux autres types d'ampoules. De plus, le rendement de ce type d'ampoule est très mauvais, puisque qu'environ 10 % de l'énergie consommée est convertie en lumière, les 90 % restant sont restitués sous forme de chaleur.
- Les ampoules halogènes sont constituées également de tungstène protégé par un gaz halogène permettant de limiter l’évaporation du tungstène. Ces ampoules sont ainsi plus résistantes et offrent une meilleure luminosité. Le rendement est également meilleur que celui des ampoules classiques, mais en raison de la luminosité très vive de ce type d'ampoule, l'éclairage est souvent dirigé vers le plafond, ce qui réduit son efficacité par un excès de diffusion.
- Les tubes fluorescents (communément appelé "tube néon") fonctionnent en envoyant des décharges électriques dans une atmosphère gazeuse de vapeur de mercure. Ces tubes ont une durée de vie supérieure aux ampoules classiques et halogènes, mais émettent une lumière très diffuse, qui n'est pas confortable pour l'œil, en particulier pour réaliser des travaux de précision.
- Les ampoules fluocompactes sont des lampes fluorescentes, dans la même veine que le néon, mais ici le tube est compacté par pliage ou enroulement. Il s'agit du type d'ampoule basse consommation qui va remplacer les ampoules classiques entre 2009 et 2012, que l'on trouve déjà largement chez les revendeurs et qui est largement encensé par les médias.
- Les diodes électroluminescentes sont les ampoules qui devraient s'imposer dans un avenir plus lointain. Leur efficacité est 2 fois plus importante que les ampoules fluocompactes et près de 10 fois plus que les ampoules classiques, permettant ainsi des économies très significatives d’électricité. Le coût d’investissement de ce type d'ampoule est plus important, ce qui explique la faible pénétration actuelle, mais la longévité est 6 fois supérieure aux ampoules fluocompactes.
Les ampoules économes en énergie, pas l'idéal...
- Ces ampoules sont dans certains cas moins performantes que les ampoules classiques. Tout comme pour le "tube néon", la durée de vie est considérablement réduite si on allume et éteint fréquemment (typiquement dans les toilettes, la salle de bains ou encore le couloir chez un particulier). L'usage de ces ampoules dans les couloirs d'immeubles à minuterie est totalement stupide, tous les professionnels sont d'accord à ce sujet. Notez cependant que cette limite ne s'applique pas aux diodes électroluminescentes.
- Dans le même ordre d'idée, ces ampoules nécessitent plusieurs secondes (voire dizaines de secondes pour certains modèles) avant de restituer le plein potentiel de luminosité. Ainsi, elles sont doublement inadaptées à certains lieux.
- Elles sont également très sensibles à la stabilité du courant. Et même si en France le courant est réputé stable, dans de nombreux pays celui ci est sujet à de fortes variations, ce qui réduit de façon drastique la durée de vie de ce type d'ampoules.
- En septembre 2007, un rapport du CRIIREM (Centre de recherche et d'information sur les rayonnements électromagnétiques) a mis en garde contre la puissance des rayonnements électromagnétiques que génèrent ces ampoules qui émettent des champs électromagnétiques dans plusieurs gammes de fréquence, de 50 Hz à 10 MHz. Il faut s'éloigner à plus d'un mètre pour retrouver un niveau de rayonnements type du bruit de fond ambiant. Ce rapport recommande vivement de ne pas utiliser ce type d'ampoules pour les lampes de chevets ou de bureaux. Une vidéo au format WMV illustre clairement le niveau de rayonnement de ces ampoules. Elle provient du site www.santepublique-editions.fr.
- Il n'existe pas actuellement de filière de recyclages efficaces pour ces ampoules, bien que la mise en place du programme Recylum commence à porter ses fruits. Sachant que ces ampoules contiennent bien plus de polluant que les ampoules classiques... Pourtant la loi oblige le recyclage de ces éléments électriques, mais le risque est important d'en trouver de grandes quantités dans les décharges et de voir le mercure qu'elles contiennent (généralement, mais c'est très variable, entre 7 mg et 15 mg de mercure) s'infiltrer dans les sols. Le mercure est extrêmement toxique et polluant pour l'environnement...
- Ces ampoules sont systématiquement vendues avec le culot énorme qui les accompagne. Ce culot contient lui aussi des plastiques polluants, qui ont tendance à fondre lentement quand l'ampoule vieillit, et à dégager une odeur désagréable lors de ce processus. Le fait de devoir acheter ce culot avec l'ampoule, au lieu de pouvoir simplement acheter la partie en verre est une aberration. Il y a pourtant une norme officielle pour les culots de ces ampoules : G23.
- Ces ampoules sont très polluantes lors de leurs fabrications et elles sont produites pour la quasi totalité dans des pays asiatiques, la Chine en particulier, dans des conditions écologiques déplorables, aussi bien pour l'environnement immédiat autour des fabriques que pour les résidents et les travailleurs.
- Fabriquées au bout du monde, consommées à l'autre bout. Les coûts énergétiques causés par l'acheminement de ces ampoules sont considérables, et s'inscrivent en droite ligne dans les méfaits de la mondialisation et de ses délocalisations.
Revoir l'usage de la lumière électrique
Une fois de plus, au lieu de s'attaquer au problème à la racine, c'est-à-dire en réduisant l'usage de la lumière artificielle aussi bien dans les lieux publiques, domestiques que de productions, on se contente de chercher dans la technologie des solutions de détournement. L'impact de l'extinction, par exemple, des panneaux publicitaires des zones commerciales, de l'espacement des pylônes d'éclairage publique, de la coupure de l'éclairage public après une certaine heure de la nuit dans les zones peu fréquentées devrait être plus largement étudié... Il y a mille choses à faire pour réduire à la base la consommation électrique, et pourtant on s'obstine à vouloir employer les "bienfaits" de la science et de la technologie pour ne pas remettre en cause nos habitudes de vies.
Cette volonté de réduction de l'éclairage en général s'inscrit parfaitement dans la lutte contre la pollution lumineuse. Et cette lutte a trouvé un début de réponse fin 2008 avec le vote d'une loi visant à réduire les sources lumineuses « de nature à présenter des dangers ou à causer un trouble excessif aux personnes, à la faune, à la flore ou aux écosystèmes, entraînant un gaspillage énergétique ou empêchant l'observation du ciel nocturne ». Il ne s'agit pas systématiquement d'éclairer moins, mais avant tout d'éclairer mieux, et les progrès réalisables dans ce domaine sont massifs.
La pollution lumineuse peut sembler bien secondaire face aux défis écologiques actuels, mais l'humain « qui déplace une montagne commence par déplacer les petites pierres », et s'en est une. L'observatoire de Haute Provence dispose sur son site d'un très bon article sur ce sujet.
Et en complément voici deux PDF traitant de la pollution lumineuse :
- Éclairer juste, une brochure de l'ADEME.
- Trop d'éclairage nuit, document mit à disposition par la FRAPNA et l'ANPCEN.

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druidux · 07 juin 2009, 22:26
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trés intéressant comme billet j'aurais bien aimer un comparatif aussi sur le spectre des différentes ampoules par rapport à la lumiére naturelle
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Stephane Le Solliec · 10 juin 2009, 09:27
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merci pour la vidéo sur les ampoules basse conso. Très instructif ...
:-/
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Bertrand · 12 août 2009, 12:49
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Aïe ! Moi qui croyait bien faire en équipant ma maison toute neuve (maisson à ossature bois) d'ampoules basse conso, y compris dans les chambres des enfants... Voilà bien un dilemne : s'éclairer nuit à la santé OU à l'environnement ?! Bon bon bon, alors que faire, les ampoules LED sont totalement hors de prix et, pour l'instant, insuffisantes pour un éclairage de lieu de vie (cuisine, etc.). J'en profite pour confirmer que la durée de vie des ampoules à économie d'énergie est beaucoup moins importante que l'on peut nous le faire croire, et qu'elles constituent de véritables pollutions une fois inutilisables : récemment l'une d'elles a même pris feu dans un lampadaire éclairant une allée, mettant le lampadaire HS. La vidéo montrée sur le site est très intéressante, mais comme toujours on ne prouve pas la dangerosité des radiations. L'exemple de la Guadeloupe n'est pas convaincant (ce n'est pas parce que les ménages se sont équipés d'ampoules BC et que l'on constate quelques années plus tard une augmentation des cancers de la prostate que les deux sont liés, beaucoup d'autres paramètres peuvent rentrer en ligne de compte : alimentation modifiée, pesticides, etc. ?
Ceci dit : QUELLE SOLUTION ? -
NELDA · 27 octobre 2009, 19:01
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La semaine passée 1 ampoule B C ne s'allumant pas, je la change:une odeur bisarre et inconnue s'en dégage ; je vérifie la date que j'inscris sur les ampoules nouvellement placées , celle ci n'a fonctionné que 13 mois ! je vérifie l'autre ampoule(d'une autre marque) qui s'allume avec elle , elle a été placée en 2006 et fonctionne toujours .Espérant une explication, je vais au siège UFC QUE CHOISIR :ils s'en foutent, on me répond " je ne suis pas électricien, je ne sais pas, jetez la à la poubelle "vous imaginez ma colère! Mon fils vient de m'envoyer votre adresse, j'ai imprmé vos explications et je vais aller voir la FRAPNA, les VERTS et porter la bonne parole à tous ceux que je connais . J'ai 79 ans et je suis tenace. Merci pour votre étude de ce problème . NELDA
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NELDA · 27 octobre 2009, 19:10
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@Bertrand : Votre question est aussi la mienne ; on ne sait plus à qui faire confiance . "Que choisir" m'a déçue la seule chose qui les entéressent : entamer une demande d'indemnisation après avoir payé une adhésion . Lisez le commentaire que je viens d'envoyer .Nelda vous adresse sa sympathie .







