La mascarade de la langue bleue
Publié le 21 juillet 2009 - Écologie
Dernière mise à jour le 07 juin 2011
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La fièvre catarrahale ovine (FCO) est une maladie qui touche principalement les ruminants d'élevage ou sauvages, et en particuliers les brebis. Cette maladie est transmise par la piqure d'un moucheron, mais n'est pas contagieuse, pas transmissible à l'homme, et relativement bénigne pour les bêtes atteintes.
Les principales conséquences de la FCO sont les suivantes :
- Problèmes respiratoires.
- Amaigrissement quand l'animal ne s'alimente plus.
- Risque d'avortement accru.
- Cette maladie peut entrainer la mort de l'animal, dans de rares cas.
Cette maladie est plutôt bénigne et non contagieuse...
Pourtant la vaccination contre cette menace imminente pour la santé publique inter-planétaire est obligatoire suite à une annonce datant du 14/02/2008 par le ministre de l'agriculture Michel Barnier, qui fait ainsi de bonne grâce un cadeau financier aux laboratoires pharmaceutiques qui ont développés et aujourd'hui vendent ce vaccin.
La Confédération paysanne, deuxième syndicat agricole français, a dénoncé l'obligation de vacciner l'ensemble des bovins et ovins contre la fièvre catarrhale ovine, jugeant cette mesure "totalement disproportionnée". La Coordination Nationale des Collectifs FCO contre l'obligation de vacciner a rendu publique un texte explicatif (PDF) de sa position anti-vaccination.

Mais pourquoi vacciner aujourd'hui les bêtes ?
La FCO est une maladie originaire de l'hémisphère sud, et dans un soucis encore une fois de santé publique, une demande a été adressée dans les années 80 à l'organisation internationale des épizooties pour que cette maladie soit classée comme dangereuse.
Le soucis de santé publique était primordiale donc, mais il faut également noter que ce classement en tant que maladie dangereuse offrait aussi le non négligeable avantage de rendre les importations de bêtes des pays du sud bien difficile, protégeant ainsi l'industrie agro-alimentaire Européenne, pourtant déjà lourdement subventionnées à cette époque, des importations de nombreux pays de l'hémisphère sud.
Ce qui n'était pas prévu, c'est que la FCO débarque en Europe...
Ce fut le cas au début des années 2000, porté par le vent du réchauffement climatique, et la conséquence ne fut pas une catastrophe sanitaire (ouf !), mais économique, puisque l'Europe se trouve obligée d'appliquer la législation destinée au pays du Sud à son propre territoire, bloquant ainsi les exportations et obligeant à abattre plusieurs troupeaux en Angleterre ou en Espagne.
C'est cette arrivée en Europe qui provoque aujourd'hui la vague de vaccination, malgré la seul existence d'un vaccin développé dans l'urgence, et au rabais sur le plan de l'efficacité, puisque les bêtes vaccinées restent porteuses du virus, et qui risque même de représenté plus de risque que le virus qu'il doit éradiquer, comme le soulignent certains éleveurs qui constatent notamment des problèmes de natalité chez les bêtes vaccinées. Au passage, aucune indemnisation n'est prévue pour aider les éleveurs et bergers dont les troupeaux seraient victimes de pertes liées à la vaccination...
Ce billet fait suite à la lecture de l'article intitulé «Sous les pavés, l'alpage» paru dans le numéro 68 de l'excellent mensuel CQFD.

